Sécurité routière & règlementation

Le système de contrôle-sanction de la vitesse

En France, la vitesse excessive est considérée comme une cause majeure d’accident ; elle serait responsable chaque année d’environ un tiers des accidents mortels sur la route.

Pour combattre ce facteur, dès 2004, le Gouvernement français a mis en œuvre une politique stricte de contrôle-sanction de la vitesse au moyen de radars automatiques. Comptant au début moins de 300 unités, le système de contrôle-sanction automatisé (CSA) n’a depuis cessé de s’étendre et devrait atteindre, fin 2019, plus de 4 700 équipements de toutes sortes, répartis comme suit sur l’ensemble du territoire :

Type de radar Description de l’équipement Nombre d’unités prévues à fin 2019

Radars fixes

Il contrôle la vitesse d’un véhicule à un instant T et sanctionne le non-respect de la vitesse maximale autorisée.

1549

Radars tourelles

Le dispositif de contrôle est installé dans une tourelle fixe afin de contrôler le franchissement des feux rouges, la vitesse ou le franchissement des passages à niveau, et sera régulièrement déplacé.

400

Radars discriminants Le dispositif distingue les vitesses des véhicules légers de celle des poids-lourds. 600
Radars mobiles « embarqués/débarqués » Le radar peut être utilisé véhicule à l’arrêt, à l’intérieur de la voiture de contrôle (« embarqué ») ou à l’extérieur, sur un support (« débarqué »). 501
Radars mobiles mobiles (ou « voitures radars ») Il contrôle la vitesse d’un véhicule dans le flux de la circulation, dans le même sens ou en sens inverse. 500
Radars autonomes (ou « radars chantiers ») Il contrôle la vitesse dans des zones de danger temporaire, tels les chantiers et peuvent être déplacés. 500
Radars de vitesse moyenne (ou « radars tronçon ») Il calcule la vitesse moyenne d’un véhicule entre un point A et un point B. 100
Radars feux rouges Il sanctionne le non-respect de l’arrêt imposé au feu rouge. 450
Radars passage à niveau Il sanctionne le franchissement illicite d’un passage à niveau. 80
Radars pédagogiques Il mesure et affiche la vitesse d’un véhicule à titre informatif, sans le sanctionner. 882
TOTAL (hors radars pédagogiques) 4680

En 2018, les radars automatiques ont généré plus de 1 036 millions d’euros de recettes pour l’État. Ces chiffres sont en très nette augmentation par rapport à l’année précédente : +12% !

Cette évolution est due à l’augmentation du parc radars ainsi qu’au déploiement de nouveaux dispositifs de contrôle plus performants.

L’avis de « 40 millions d’automobilistes » :

Alors que de nombreux pays ont fait le choix de réduire leur dispositif de contrôle-sanction de la vitesse (Angleterre), voire même de se passer complètement des radars automatiques (Danemark) et se trouvent parmi les meilleurs pays européens en termes de sécurité routière, la France est devenue le catalogue mondial des radars et axe toute sa politique sur la seule répression de la vitesse.

Pourtant, bien que le nombre de radars soit toujours plus important sur les routes françaises et les mesures toujours plus sévères pour réprimer les excès de vitesse, le dispositif semble inefficace pour inverser la courbe de la mortalité routière : tandis que les flashs et l’argent recueilli au titre des amendes routières sont ont hausse constante, le nombre de tués sur les routes ne baisse plus depuis maintenant 3 ans.

Pour « 40 millions d’automobilistes », si le CSA a permis, à ses débuts, de réduire très nettement les grands excès de vitesse et donc de favoriser la sécurité des automobilistes, le système s’essouffle aujourd’hui et ne remporte plus l’adhésion des usagers de la route, qui ne considèrent plus les radars que comme un moyen de renflouer les caisses de l’État. Le dispositif a atteint ses limites et il est nécessaire de penser la politique de sécurité routière autrement, en prenant en compte d’autres facteurs majeurs d’accidentalité, comme l’alcool, les stupéfiants ou le téléphone au volant.