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« 40 millions d’automobilistes » publie les résultats de sa consultation « Raconte-moi ton 80 »

Ce mercredi 1er juillet 2020, cela fait 2 ans jour pour jour que les Français se sont vu imposer une baisse généralisée de la limitation de vitesse à 80 km/h sur l’ensemble des routes nationales et départementales. Une mesure portée contre vents et marées par le Premier ministre Édouard Philippe, qui promettait une réduction de « 350 à 400 tués » chaque année sur les routes. 

Mais alors que l’abaissement mis en œuvre n’a pas eu les effets escomptés sur l’accidentalité routière, les usagers de la route continuent à subir les conséquences de la mesure sur leurs déplacements quotidiens. De quoi nourrir une hostilité toujours aussi prégnante pour la grande majorité des automobilistes à la politique de sécurité routière. 

C’est pour permettre aux usagers de relater leur expérience de la route et des 80 km/h et porter leur voix jusqu’aux plus hautes instances que l’association « 40 millions d’automobilistes » a mis en ligne le site testimonial www.racontemoiton80.com, le 27 mars dernier.

Aujourd’hui, à l’occasion de la date « anniversaire » de l’entrée en vigueur de la mesure, l’association publie les résultats de cette vaste consultation et les remet à l’ensemble des élus parlementaires et présidents des Conseils départementaux pour les sensibiliser aux difficultés que rencontrent les usagers au quotidien depuis qu’ils roulent au ralenti sur le réseau secondaire. 

Des conditions de circulation et de sécurité dégradées 

Le principal point noir de la mesure – nié dès l’origine par la Sécurité routière à grand renfort de propagande et de pseudo-études de terrain, mais que les usagers n’ont pas tardé à observer – reste la perte de temps due à la baisse de la vitesse maximale autorisée.

À cela s’ajoutent la difficulté de rouler désormais à la même vitesse que les poids-lourds qui, eux, n’ont pas subi de baisse de la limitation de vitesse.

L’association « 40 millions d’automobilistes » analyse également les effets pervers liés aux 80km/h : depuis la mise en œuvre de la mesure, on assiste à la recrudescence de comportements particulièrement dangereux et accidentogènes, comme les dépassements sans visibilité, le téléphone au volant ou encore les grands excès de vitesse, qui avaient pourtant quasiment disparus de nos routes. C’est la conséquence d’un relâchement massif de l’attention des usagers et de l’énervement de certains qui n’acceptent pas de rouler au ralenti et prennent des risques inconsidérés pour doubler les véhicules plus lents.

En résumé, la mesure n’est vécue par les usagers que comme une punition, une entrave supplémentaire à leur liberté de circuler, aggravée par la politique inique de répression des petits excès de vitesse .

Les départements repassent à 90 km/h 

Bien conscients du rejet massif des 80 km/h par la population française, les Conseils départementaux sont de plus en plus nombreux, ainsi que les y autorise un assouplissement de la loi décrété en mai 2019, à revenir à la limitation de vitesse initiale sur certaines routes départementales (puisque les routes nationales sont exclues du dispositif). 

Moins d’un an après l’adoption de l’amendement permettant le retour aux 90 km/h à titre dérogatoire et avant même la fin de la période « d’expérimentation » de la mesure, 17 départements sont déjà revenus partiellement à la limitation de vitesse initiale sur leurs routes, et au moins 6 autres le feront dans les mois à venir. 

Parce que les résultats de l’expérimentation des 80 km/h sont loin d’être probants et que, 2 ans après son entrée en vigueur, les usagers restent profondément opposés (et pénalisés) par la mesure, l’association « 40 millions d’automobilistes » soutient tous les présidents des Conseils départementaux qui souhaitent le retour des 90 km/h sur leurs routes. 

Le livret Raconte-moi ton 80 : les résultats, publié aujourd’hui par l’association, a pour objectif de faire connaître les contraintes qui s’imposent quotidiennement aux automobilistes depuis l’abaissement de la limitation de vitesse et de sensibiliser les élus locaux aux difficultés qu’ils rencontrent et qui mettent à mal leur mobilité.