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Hausse des tarifs autoroutiers : le coup de gueule de « 40 millions d’automobilistes »

Aujourd’hui s’est tenue une des réunions du Comité des usagers de la route, lors de laquelle ont été officiellement présentées les propositions tarifaires des sociétés concessionnaires d’autoroutes pour l’année 2018. Comme chaque année, ces propositions font état de hausses sensibles du prix des péages autoroutiers. Membre du Comité depuis sa création en 2009, l’association « 40 millions d’automobilistes », lassée de l’inertie de cette organisation, a sommé son Président, François Bordry, d’agir concrètement pour la défense des automobilistes.

« 40 millions d’automobilistes » représentait aujourd’hui les automobilistes au Comité national des usagers de la route. Et alors que se profile une nouvelle hausse des tarifs pour les usagers des autoroutes, la question des conséquences sociales de cette augmentation reste éludée par le Comité.

Un DISR qui brille par son absence

Pierre Chasseray, délégué général de l’association « 40 millions d’automobilistes » et membre à ce titre du Comité des usagers, a rappelé les enjeux de l’accessibilité de ce réseau : « Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la Sécurité routière, fait partie des membres invités de cette commission, mais je m’aperçois surtout qu’il brille par son absence, alors qu’il s’agit d’un dossier éminemment important de sécurité routière. Pourquoi ? Parce que lorsque l’on pratique, chaque année, des hausses tarifaires de cet ordre et que l’on ne se pose même pas la question de savoir si le facteur social ne doit pas entrer en ligne de compte dans nos formules mathématiques, j’ai peur que l’on crée une autoroute à deux vitesses : il y aura d’un côté ceux qui peuvent la payer et qui circuleront en sécurité, et de l’autre ceux qui ne le peuvent pas, et qui emprunteront le réseau secondaire, infiniment plus accidentogène. Et c’est déjà le cas. On a un réseau autoroutier de qualité, c’est vrai – et encore heureux ! – mais qui n’est financièrement plus accessible pour de nombreux usagers.« 

Un Comité qui refuse d’agir en faveur des usagers

Des remarques qui, bien que traduisant les inquiétudes justifiées des usagers en termes d’accès à la mobilité, de sécurité des déplacements et de pouvoir d’achat, n’ont pas tiré les membres du Comité de leur léthargie habituelle, ce qui a poussé l’association à établir cette demande officielle directement au Président, François Bordry, et à remettre en cause la légitimité du Comité : « On ne peut pas rester à se réunir de temps à autres et se regarder dans le blanc des yeux en se disant pour certains que l’on est opposé au projet, ou d’accord pour d’autres, et ne rien faire. On ne sert à rien ! Tous, autour de cette table, nous perdons notre temps. Si cette organisation veut prétendre avoir une quelconque utilité, elle doit s’exprimer ; par le vote d’abord, puis en adressant un courrier de recommandations à la Ministre [Élisabeth Borne, secrétaire d’État chargée des Transports]. Faute de quoi, on peut tout aussi bien dissoudre le Comité des usagers dès aujourd’hui, car il n’a aucune crédibilité » a enjoint Pierre Chasseray.

Malgré cette intervention, les membres du Comité des usagers n’ont pas souhaité formuler de recommandations visant à orienter la décision de la Ministre des Transports quant à la validation ou non des demandes de hausses des tarifs autoroutiers.

Les hausses auxquelles doivent s’attendre les automobilistes en 2018

Sociétés concessionnaires historiques Taux Classe 1
APRR 2%
AREA 2,04%
ASF 1,34%
COFIROUTE- INTERURBAIN 1,34%
ESCOTA 1,34%
SANEF 1,39%
SAPN 1,39%
ATMB- Autoroute 1,03%
SFTRF- Autoroute 1,03%
Sociétés concessionnaires récentes Taux Classe 1
ADELAC- A41 2,9%
ALBEA- A150 3%
ALICORNE- A88 1,5%
A’LIENOR- A65 3,5%
ALIS- A28 3,5%
APRR- TML 1,7%
ARCOUR- A19 3 à 4%
ASF- Tunnel du Puymorens NC
ATLANDES- A63 2,8%
CCIH- Normandie NC
CCIH- Tancarville NC
CEVM été 3%
CEVM hors été 3,8%
COFIROUTE- DUPLEX A86 3,23%

L’association « 40 millions d’automobilistes » adressera donc seule une lettre à Élisabeth Borne pour lui demander de revoir à la baisse les augmentations proposées par les sociétés concessionnaires d’autoroutes, dans l’intérêt des usagers.