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Interview de Nadia Le Brun et Airy Routier, auteurs de l’enquête Notre-Drame de Paris

Airy ROUTIER et Nadia LE BRUN, Notre-Drame de Paris. Éditions Albin Michel, 2017.

Le 16 septembre 2017, Pierre Chasseray, délégué général de « 40 millions d’automobilistes », aux commandes de l’émission Ça Roule sur Sud Radio avec Laurence Péraud, a reçu Nadia Le Brun et Airy Routier, auteurs de l’enquête Notre-Drame de Paris.

La politique automobile de la ville de Paris contre les automobilistes et les banlieusards est-elle à l’origine de ce livre ? On a l’impression que c’est ce qui est le plus contesté…

Airy Routier : Oui : nous étions ensemble en voiture en septembre 2016. On s’est retrouvé complètement coincés et on s’est demandé qu’est-ce que c’est que cette femme, qui a une voix doucereuse, qui est bienveillante… et qui fait une violence totale aux automobilistes. On a voulu enquêter et on a découvert qu’Anne Hidalgo était violente, agressive, et pas seulement avec les automobilistes.

Ce qui me marque le plus, ce qui est effrayant, c’est sa haine des automobilistes : on peut faire une politique comme cela, mais là, c’est la haine à l’état brut.

Comment expliquez-vous cette haine ?

Nadia Le Brun : elle a une politique pathologique anti-voiture. C’est pour cela que nous avons décidé de faire cette enquête sur cette femme hors du commun… Parce qu’elle ose tout !

Une « haine des automobilistes », c’est quand même pas un peu fort ? Des exemples ?

A.R : Non, c’est en-dessous de la vérité… Il y a un nouveau Palais de Justice à Paris, qui va ouvrir bientôt : 7000 personnes vont y passer tous les jours. Elle a voulu qu’il y ait 80 places de parking, pas une de plus. Mais surtout, porte de Clichy, où est ce nouveau Palais de Justice, il n’y a pas de bretelle sur le périphérique qui va dans tout l’Ouest parisien. Or, il faut amener les détenus ! Elle a refusé de faire une bretelle simplement parce qu’elle a décrété que pendant son mandat, il n’y aurait pas 1 mètre carré de chaussée qui serait faite pour les voitures, pas 1 euro de dépensé. C’est une pathologie.

N.L.B : Et c’est dangereux.

Est-ce que vous avez l’impression que cette politique de la ville de Paris ne tend pas à s’étendre au reste de la France ? Par exemple à Angers, il y a eu un projet qui consistait à fermer les voies sur berge. Est-ce « l’effet Anne Hidalgo » ?

A.R : Absolument. Mais c’est d’ailleurs très curieux, car si je trouve normal de diminuer la place de la voiture en centre-ville, la façon dont c’est fait est folle ! Dans les centres des villes européennes, qu’on piétonise là où les routes sont étroites, comme dans le centre de Rome, on peut en discuter. Mais les grandes artères, c’est la vie ! Il faut que ça roule !

Abordez-vous le sujet de la pollution à Paris dans ce livre ?

A.R : La pollution existe, mais c’est devenu une religion, une secte, et tous les gens qui émettent un doute sur certains points sont immédiatement disqualifiés, sont des hérétiques qui méritent d’être brûlés. Il y a des « chiffres Airparif », dont on dit que c’est un organisme sérieux, alors que ça sent la chlorophylle à tous les étages. Il n’y a que des Verts là-dedans et le patron est un ancien conseiller régional.

Qui finance Airparif ?

A.R : Ségolène Royal a baissé les subventions parce qu’elle pensait que les chiffres étaient faux. Mais Airparif, c’est comme les contrats d’assurance : on répète que la pollution c’est horrible, puis en bas du contrat, en tout petit, on append que la pollution ne cesse de baisser depuis 30 ans à Paris, tandis que l’espérance de vie augmente en France et surtout à Paris.

Dans toutes les villes de France, la pollution s’améliore, mais depuis qu’on a fermé les voies sur berge, Anne Hidalgo a réussi la prouesse technique d’être la seule ville de France à augmenter sa pollution ! Il faut le faire ça quand même !

C’est limite dictatorial sa façon de travailler !

A.R : Normalement les maires rassemblent. Or, Anne Hidalgo ne cesse d’agresser, de diviser, d’antagoniser… C’est un processus totalement sectaire.

À « 40 millions d’automobilistes », je me suis permis de dire qu’Anne Hidalgo était une magicienne, car elle a baissé le nombre de voitures dans Paris de 30% tout en augmentant les bouchons de 8% par an. C’est plutôt gentil, « magicienne ». En retour, voilà ce qu’on a entendu contre moi, et vous, les auteurs du livre : « réacs », « néoréacs », « fachos »…

N.L.B : « Misogyne » ! Je suis même attaquée par le lobby du vélo [rires] !

Quand on entend autant d’attaques, comment se fait-il qu’il n’y a pas de réponse média forte ?

A.R : Elle a une vraie influence sur un certain nombre de média. Je peux les citer : le JDD, Le Monde, France Inter

N.L.B : Europe 1

A.R : Tous les média « bobos urbains » avec des journalistes extrêmement proches de la mairie de Paris.

Pour les Parisiens qui n’ont pas de voiture et qui font tout en transports en commun, peut-être que ça [la politique d’Anne Hidalgo] leur va…

N.L.B : Moi je n’ai pas de voiture, je tiens à le dire ; mais c’est dangereux de marcher à pied dans Paris, vous savez : vous avez les trottoirs qui sont défoncés, vous avez les passages protégés qui ne sont pas repeints… Et vous avez des rats !

Parlons des Jeux Olympiques : on a vendu une image de rêve de Paris, où tout le monde fait de la bicyclette, mais ce n’est pas la réalité. La réalité, c’est les bouchons !

A.R : La mairie de Paris, c’est une agence de communication : il y a 600 personnes qui travaillent pour la communication.

N.L.B : On a l’impression que Madame Hidalgo veut faire de Paris une ville musée.

 

Retrouvez le podcast de l’émission avec l’interview de Nadia Le Brun et Airy Routier dans son intégralité.

Ça Roule, tous les samedis sur Sud Radio de 11h à 12h30.