Sécurité routière & règlementation

Alcool au volant

Constat

 
En France, 63 personnes meurent chaque jour à cause de l’alcool. Et parce que sa consommation est souvent festive et collective, on en oublie les dangers. Pourtant, l’alcool est un produit psycho-actif, c’est-à-dire qu’il agit sur le fonctionnement du cerveau et donc sur la conduite.
 
L’alcool augmente le temps de réaction, diminue les réflexes, la vigilance, la résistance et la fatigue. Il perturbe la vision, l’estimation des distances et la coordination des mouvements. De plus, son effet désinhibant amène à sous-évaluer le danger et à prendre des risques inconsidérés (trajectoire en zigzag, vitesse excessive, dépassements hasardeux…).
 
C’est pourquoi il est dangereux de conduire un véhicule, quel qu’il soit, après avoir consommé de l’alcool. Le risque d’être responsable d’un accident mortel est multiplié par 8 dès le premier verre d’alcool et augmente encore au fur et à mesure de la consommation.
 
Malgré la multiplication des contrôles d’alcoolémie sur les routes par les forces de l’ordre (qui représentent aujourd’hui 80% de l’ensemble des contrôles) le taux de mortalité routière liée à l’alcool ne baisse pas, depuis environ 15 ans.
 
Ainsi, depuis 2006, l’alcool est devenu la première cause de mortalité sur les routes : il est responsable d’un accident sur trois. Les conducteurs impliqués sont le plus souvent les hommes (92%) âgés de 18 à 24 ans. L’alcool intervient notamment dans 42% des accidents mortels touchant cette tranche d’âge. Par ailleurs, l’alcool est présent dans la moitié des accidents survenus le weekend et dans 47% des accidents nocturnes. Ces accidents ont lieu à 72% sur les routes départementales.
 

Règles et sanctions

 
Depuis 2003, les règles et sanctions s’appliquant à un conducteur coupable de conduite sous l’empire d’un état alcoolique sont les suivantes :
 
Infraction Type d’infraction Amende maximale encourue Perte de points Peines complémentaires encourues
De 0,5 à 0,8g/L de
sang, ou de 0,25 à 0,4mg/L
d’air expiré
Contravention de 4ème classe 750€ 6 points
  • Immobilisation du véhicule
  • Suspension du permis de conduire pour 3 ans au plus
  • Possibilité de « permis blanc »
Plus de 0,8g/L de
sang, ou plus de 0,4mg/L
d’air expiré, ou ivresse manifeste
Délit 4500€
  • 2 ans d’emprisonnement
  • Suspension du permis pour 3 ans maximum
  • Annulation du permis de conduire avec interdiction de le repasser dans un délai de 3 ans maximum
  • Immobilisation et confiscation du véhicule si le contrevenant en est propriétaire
  • Stage de sensibilisation à la sécurité routière aux frais du contrevenant
  • Travaux d’intérêt général
  • Jours-amende
  • Interdiction de conduire un véhicule non-équipé d’un dispositif EAD homologué pour une période de 5 ans maximum
 
Le refus de se soumettre aux tests de dépistage est un délit, puni des mêmes peines que le délit d’alcool au volant. En cas de récidive de l’un de ces délits, les peines d’amende et d’emprisonnement sont doublées.
 

…Et les conducteurs en permis probatoire ?

 
Depuis le 1er juillet 2015, le taux maximal d’alcoolémie autorisé pour les conducteurs en permis probatoire (conducteurs ayant moins de 3 ans de permis, ou moins de 2 ans pour ceux ayant obtenu leur permis de conduire dans le cadre de la conduite accompagnée) a été abaissé à 0,2g/L de sang.
 
Ce nouveau seuil d’alcoolémie impose une consommation nulle d’alcool aux jeunes conducteurs, justifiée par les risques majeurs encourus par la classe d’âge des 18-25 ans sur la route.
 
Les conducteurs en permis probatoire contrôlés avec un taux égal ou supérieur à 0,2g d’alcool par litre de sang encourent un retrait de 6 points sur le permis de conduire (attention : pour les conducteur ayant obtenu le permis de conduire depuis moins d’un an, le retrait de 6 points entraîne la perte du permis de conduire !), une amende forfaitaire de 135 euros et l’immobilisation du véhicule.
 
L’avis de « 40 millions d’automobilistes » :
Il est nécessaire de sensibiliser les automobilistes à leur propre consommation d’alcool et de produits stupéfiants en leur donnant des repères et des réflexes de sécurité. Un automobiliste seul et ayant consommé des produits susceptibles d’être dangereux doit pouvoir dire « j’ai bu, donc j’attends » que les effets se dissipent, non seulement pour ne pas risquer un contrôle positif en cas d’arrestation par les autorités mais surtout préserver sa vie et celle des autres usagers de la route. Les futures campagnes de communication qui doivent amener l’automobiliste à une prise de conscience de ses propres limites et à adapter les bons réflexes. Nous sommes également favorables à davantage de contrôle par les forces de police.