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« 40 millions d’automobilistes » prouve que la baisse de la limitation de vitesse n’améliorera pas la sécurité routière

Le 1er décembre 2017, le journal Le Point annonçait que le Gouvernement avait adopté la baisse généralisée de la limitation de vitesse sur les routes bidirectionnelles du réseau secondaire ; elle passerait ainsi de 90 à 80 km/h dès 2018. L’information a été confirmée quelques jours plus tard, lorsque le Premier ministre E. Philippe s’est déclaré publiquement favorable aux 80 km/h, mesure qui doit être étudiée lors du Conseil interministériel de Sécurité routière (CISR) qui se tiendra à la mi-janvier 2018.

Pour contrer cette mesure évoquée de longue date, l’association « 40 millions d’automobilistes » a réalisé une enquête, sous la forme d’un film documentaire intitulé Le Danemark, en route vers le bon sens, accompagné d’un livret récapitulatif, qui prouvent que l’abaissement des vitesses n’est pas la solution pour améliorer la sécurité sur les routes.

Daniel Quéro, Président de l’association et Alain Fouché, Sénateur, en conférence de presse au Sénat sur l’abaissement de la limitation de vitesse à 80km/h sur le réseau secondaire.

L’association « 40 millions d’automobilistes » a diffusé l’enquête ce mardi 19 décembre 2017 au Sénat, en présence de la presse. Une question écrite sur la politique de sécurité routière sera posée à l’attention du ministre de l’Intérieur, par le Sénateur Alain Fouché.

Pendant que la France expérimente la baisse des vitesses, le Danemark teste la hausse !

Après une expérimentation réussie de la hausse de la limitation de vitesse sur les autoroutes, le Danemark a expérimenté une augmentation de la vitesse de 80 km/h à 90 km/h sur une sélection de routes secondaires (16 portions d’une longueur totale de 103 km). La Direction danoise des routes avait constaté que de nombreux accidents mortels sur le réseau secondaire étaient dus à des chocs frontaux survenus à la suite de dépassements dangereux, parce qu’il existait de forts écarts de vitesse entre les usagers qui respectaient les 80 km/h et ceux qui jugeaient cette limitation inadaptée (la majorité des automobilistes) et roulaient donc légèrement au-dessus. On peut faire le même constat en France, et c’est ce qui a poussé l’association « 40 millions d’automobilistes » à s’intéresser de près aux résultats de cette expérimentation danoise.

L’expérimentation a permis de mettre en évidence qu’une hausse de la limitation de vitesse n’allait pas forcément de pair avec une hausse des vitesses pratiquées : après 3 ans de test, la Direction danoise des routes a constaté que les vitesses moyennes étaient restées les mêmes (89 km/h alors que la vitesse était limitée à 80 km/h, 89,1 km/h lorsqu’elle a été portée à 90 km/h) et que l’accidentalité et la mortalité routière avaient chuté respectivement de 11% et 13% par rapport à la période précédant l’expérimentation.

Évidemment, il serait abusif de prétendre que la baisse de l’accidentalité est la conséquence de l’augmentation de la limitation de vitesse. Mais ces bons résultats sont la preuve qu’une limitation de vitesse plus élevée n’engendre pas nécessairement plus d’accidents et qu’a contrario, une baisse de la limitation de vitesse n’entraînerait pas systématiquement une diminution de la mortalité sur les routes.

De plus, les autorités danoises ont fait le choix d’investir dans la pose de nombreuses glissières de sécurité, pratiquent le doublement systématique des panneaux de limitation de vitesse de chaque côté de la route et encadrent la trajectoire des usagers par des bandes d’alerte audio-tactiles qui préviennent des sorties de route dues à l’hypovigilance.

Des solutions efficaces

Le Danemark, mais aussi l’Angleterre ou l’Allemagne et bon nombre de nos voisins européens peuvent nous servir d’exemple en matière de sécurité routière, car il faut reconnaître que nos performances à ce sujet sont plus que médiocres. Mais il faut maintenant prendre des décisions pragmatiques et y associer les automobilistes pour s’assurer de leur efficacité. La baisse des limitations de vitesse n’apporterait que l’incompréhension et le rejet de la politique globale de sécurité routière, ce qui serait totalement contre-productif » estime Alain Fouché, sénateur de la Vienne, qui a collaboré avec l’association sur Le Danemark, en route vers le bon sens.

Pour « 40 millions d’automobilistes », des solutions existent et il serait temps que l’on s’intéresse enfin à ce qui fonctionne vraiment, et pas seulement à ce qui pourrait renflouer les caisses de l’État. Lorsque l’association a appris que le Président E. Macron souhaitait mettre en œuvre un nouveau plan de sécurité routière, elle lui a adressé ainsi qu’au Premier ministre son Livre blanc pour la sécurité routière 2017-2022 qui aborde 21 propositions pour réduire l’accidentalité sur les routes françaises.