50 km/h sur le périphérique parisien : un non-sens au service de l'idéologie

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé le 22 novembre dernier, à l’occasion de son Plan Climat 2024-2030, son intention d’abaisser la vitesse maximale autorisée sur tout le périphérique parisien de 70 à 50 km/h. Son but : "Répondre aux grands enjeux environnementaux d’aujourd’hui et de demain". problème : Cette décision ne repose sur aucun fondement scientifique et aucun bénéfice environnemental n’est attendu d’une réduction de la vitesse à 50 km/h selon les études. L'association "40 millions d'automobilistes" appelle le Gouvernement à arbitrer ce dossier.

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Un baisse des émissions de polluants, vraiment ?

La décision d’imposer un nouvel abaissement de la limitation de vitesse sur le périphérique – après celui intervenu il y a 10 ans, qui a fait passer la vitesse maximale autorisée de 80 à 70 km/h – ne repose en effet sur aucun fondement scientifique. Pire, elle semble ignorer les conclusions d’études officielles (notamment Émissions routières des polluants atmosphériques, Courbes et facteurs d’influence, Cerema, avril 2021) menées sur la corrélation entre vitesses de circulation et émissions d’éléments polluants, qui démontrent que les émissions de CO2 et d’oxydes d’azote du trafic routier sont au plus bas pour des vitesses pratiquées entre 70 et 80 km/h. Ainsi, aucun bénéfice environnemental n’est attendu d’une réduction de la vitesse à 50 km/h.

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La mesure phare du Plan Climat de la mairie de Paris n’a donc pour principal intérêt que de servir une idéologie politique basée sur la stigmatisation et la vexation constante d’une catégorie d’usagers, sans pouvoir obtenir de véritables résultats en termes d’amélioration de la qualité de l’air.

Une politique d'acharnement

Il faut tenir compte du fait que cette résolution vient s’ajouter à de nombreuses mesures, déjà appliquées ou à venir très prochainement, visant à réduire l’accès à la capitale pour les automobilistes : zone à faibles émissions, zones à trafic limité, suppression de places de stationnement, taxe pour le stationnement des SUV, voies réservées au covoiturage… L’empilement de ces mesures année après année vient compliquer considérablement la mobilité de beaucoup d’usagers, en particulier des habitants de la banlieue parisienne se rendant quotidiennement sur leur lieu de travail et des personnes en situation de handicap.

Cette politique d’acharnement pourrait se trouver légitimée par des offres de mobilité alternatives particulièrement efficaces, mais force est de constater qu’il n’en est rien. Le rejet du véhicule automobile n’est pour l’heure absolument pas compensé par des améliorations notables des services de transports en commun. Anne Hidalgo elle- même a d’ailleurs récemment reconnu que des défauts majeurs subsistaient dans la mise en œuvre des transports publics parisiens, concernant notamment le nombre et la fréquence des trains, engendrant ainsi des désagréments importants liés à la ponctualité et au confort des usagers.

Dans cette situation, comment imaginer que de nouvelles dispositions visant à écarter la voiture individuelle de Paris puissent avoir un effet positif, tant sur la circulation routière que sur les émissions polluantes qui en sont issues ?

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Le Ministre des Transports doit intervenir pour suspendre le projet

Enfin, "40 millions d’automobilistes" pointe du doigt l’absence de réalisation d’étude d’impact.

L'association saisit ce jour le ministre des Transports Clément Beaune dans un courrier pour lui demander d’intervenir dans le dossier de l’abaissement de la vitesse du périphérique à 50 km/h, afin de suspendre le projet.

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Écrit par 40MA Dernière modification le mardi 28 novembre 2023