Le projet de "ceinture verte" d’Anne Hidalgo, la Maire ceinture noire des mesures anti-automobilistes

"De la ceinture grise à la ceinture verte", c’est la promesse d'Anne Hidalgo, qui prévoit non plus seulement de dédier une voie du boulevard périphérique parisien au covoiturage, bus et taxis, mais également, dorénavant, de supprimer une voie au profit de la végétalisation de l’axe. Seulement voilà : la transformation du périphérique qu’envisage la Mairie de Paris va aggraver la congestion routière, et elle le sait très bien. L’association "40 millions d’automobilistes" en détient la preuve, et dénonce une politique de mobilité parisienne empêtrée dans une idéologie anti-voiture, qui va à contresens de ses objectifs d’amélioration de la qualité de l’air.

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Périphérique parisien : 2 voies pour tous en moins à l’horizon 2030

Après le fiasco de la candidature d’Anne Hidalgo à l’élection présidentielle, certains craignaient un sévère retour de bâton de l’édile, toujours à la tête de la capitale française. Il semble qu’ils avaient raison. Comme pour se conforter auprès de son électorat ultra-urbain (décidément aux antipodes du reste de la population française), la Maire de Paris n’a pas tardé à faire ce qu’elle sait faire de mieux : présenter un nouveau projet anti-automobiliste.

Nous connaissions déjà la volonté d’Anne Hidalgo de dédier une voie du boulevard périphérique parisien aux véhicules de covoiturage, aux taxis et aux bus, à l’horizon 2024. Une transformation d’abord motivée par l’accueil des Jeux Olympiques, que la Mairie a choisi de pérenniser, malgré une opposition majeure des usagers de la route ; 90.2% des participants à la consultation de la Région Île-de-France portant sur l'avenir du périphérique se déclaraient en effet opposés à la suppression d’une voie pour tous sur cet axe.

Mais le projet de transformation du périphérique parisien ne s’arrêtera pas là. Alors que la plupart des portions de l’anneau circulaire comptent aujourd’hui 4 voies par sens de circulation, le projet de "ceinture verte" prévoit, à l’horizon 2030, d’en supprimer une afin "d'homogénéiser" le nombre de voies en 2x3 voies, "incluant la voie covoiturage/bus/taxis". Une voie disparaîtrait donc au profit de la végétalisation de l’axe, tandis qu’une autre serait dédiée à ces véhicules. Au total, c’est donc la suppression de 2 voies pour tous qui est envisagée

Le projet de "ceinture verte" va aggraver la congestion routière, et la Mairie de Paris le sait parfaitement

Un projet qui part d’une intention tout à fait louable, puisque la "santé environnementale" en serait l’objectif. Pourquoi douter d’une si belle et vertueuse promesse ? Parce que ce projet va aggraver la congestion routière, soit la situation qui provoque le plus d’émissions polluantes sur la route. Et la Mairie de Paris le sait très bien, en témoigne un courrier que ses services ont adressé à Gérard V., un des sympathisants de "40 millions d’automobilistes".

Il est un usager régulier du périphérique, qu’il fréquente depuis 45 ans. L'occasion de constater que "le périphérique est toujours bloqué", selon lui "à cause des entrées et sorties". Dans le cadre du Budget participatif de la mairie de Paris, il a donc fait part de son idée pour réduire l’engorgement du périphérique (dans un courrier daté du 31 août 2020).

À sa proposition consistant à "réserver la file de droite juste aux entrées, sorties et véhicules d'urgences", le service de la mairie de Paris a adressé une réponse assez surprenante, lorsque l'on connaît son projet de "ceinture verte" : "En réponse à votre message et après consultation du service concerné, nous vous informons que réserver la voie de droite à l'insertion des véhicules reviendrait à supprimer une voie sur le boulevard périphérique, soit 25% de sa capacité. Si on considère que les véhicules y restent le temps de s'insérer sur la file de circulation à leur droite, avec un accès tous les 900m et le flux de véhicules, la voie réservée à l'insertion des véhicules serait automatiquement saturée, donc sans effet."

La réponse de la DVD à cet automobiliste est la preuve par A+B que les élus de la mairie de Paris ont parfaitement connaissance des tenants et des aboutissants des décisions qu’ils prennent relativement à la circulation routière.

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La fumeuse théorie de l’évaporation du trafic en laquelle même la Mairie de Paris ne croit pas

Supprimer des voies ne fait naturellement pas disparaître les automobilistes qui ont besoin de se rendre et de circuler dans Paris en voiture, contrairement à ce que veut la "théorie de l’évaporation du trafic" avancée par la Mairie.

Et finalement, ce courrier envoyé à Gérard V. est également la preuve que même la Mairie de Paris ne croit pas en cette théorie qu'elle prône dans la cadre de sa politique de mobilité.

Paris, qui est donc devenue, en décembre 2021, la 2ème ville la plus congestionnée au monde.

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Écrit par 40MA Dernière modification le mardi 05 juillet 2022