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Voies réservées aux bus et aux taxis : plusieurs expérimentations pour un même échec

Demain, mercredi 29 avril 2015, l’expérimentation annoncée par le ministère des Transports d’une voie de circulation réservée sur l’A1 entre Paris et Roissy sera lancée… pour la troisième fois depuis 1974 ! Bien qu’à chacune des précédentes expériences cette mesure censée permettre aux bus et taxis de gagner du temps s’est révélée être un cuisant échec, le Gouvernement récidive et impose aux automobilistes, avec cette nouvelle tentative, des temps de parcours toujours plus longs.

 

1974 : et d’un…

 
Au milieu des années 1970, avec l’augmentation du trafic automobile et le développement du réseau autoroutier, l’A1, qui mène les automobilistes de Paris aux grands aéroports de la région, est saturée et le Gouvernement cherche à favoriser la circulation des autobus et des transports privés sur l’axe. Il décrète donc, dans le souci de faciliter la desserte des aéroports, que la voie de droite de l’autoroute A1 sera désormais interdite à la circulation des automobilistes et réservée aux seuls bus et taxis.
 
Sans tarder, les premières conséquences sur le trafic apparaissent : les véhicules se rabattent sur les voies restantes et créent des embouteillages monstres, tandis que la voie de droite reste désespérément vide. Ainsi, l’opération menée à grands frais avec l’argent public prend fin à peine quelques mois après son lancement, preuve de son échec.
 

2009 : et de deux…

 
La région Ile-de-France valide une « nouvelle » expérimentation sur l’A1 : il s’agit cette fois encore de dédier la voie de droite de l’autoroute à la seule circulation des bus et taxis, de façon à permettre à ces modes de transport un gain de temps de « dix minutes sur un trajet qui nécessite actuellement trente à quarante minutes aux heures de pointe ».
 
Contrairement à l’expérimentation menée en 1974, les mesures de restriction ne prendront effet qu’entre 7h et 10h du matin et sur un tronçon de 5 km. Malgré ces aménagement et en raison notamment d’un trafic routier qui a nettement augmenté depuis les années 1970, la voie réservée ne permet aux usagers autorisés à y circuler d’économiser que de rares minutes, et pénalise en revanche les automobilistes qui voient leur temps de trajet rallongé d’un quart d’heure à plus d’une demi-heure. L’expérimentation, débutée le mercredi 22 avril 2009, prend donc fin dès janvier 2010.
 

2015 : et de trois… Zéro !

 
Demain, mercredi 29 avril 2015, et pour la troisième fois, le Gouvernement va tenter de nous faire croire que l’on peut faire s’écouler aussi vite un flux de véhicules avec moins de voies de  circulation. Mais on a beau chercher à flouer les automobilistes en faisant débuter l’expérimentation un mercredi en pleine période de vacances (alors qu’il était annoncé que l’expérimentation devait se dérouler hors vacances scolaires), ceux-ci ne sont pas dupes : les chances pour que les conditions de circulation en période normale et aux heures de pointe s’améliorent sont égales à zéro !


En plus des difficultés supplémentaires pour les automobilistes, les autorités sont maintenant conscientes du peu d’intérêt de cette voie réservée pour les bus et taxis : en 2009, les études préliminaires évaluaient à 10 minutes le temps gagné sur l’A1 pour les transports en commun. Dans les faits, on avait raccourci le temps de trajet de seulement 2 minutes en moyenne. Là où il n’aura fallu qu’un essai pour que les automobilistes comprennent l’absurdité de la mesure, le Gouvernement en est déjà à sa troisième tentative ! Qui peut comprendre un tel acharnement ?


Le pire reste à venir

 
Le ministère des Transports envisage d’ores et déjà de généraliser la mesure à bon nombre d’autoroutes françaises ; 12 axes seraient déjà concernés et verraient ainsi leur nombre de voies de
circulation restreint aux heures de pointe dans les cinq années à venir.