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Téléphone au volant : la Sécurité routière veut renforcer les sanctions

La Délégation interministérielle à la Sécurité routière veut renforcer les sanctions liées à l’infraction que constitue la tenue en main d’un téléphone au volant. L’usage d’un téléphone tenu en main au volant fait l’objet d’une contravention de 4ème classe et est actuellement puni d’une amende forfaitaire de 135 € et d’un retrait de 3 points sur le permis de conduire. Mais la Sécurité routière estime qu’au regard de la dangerosité de ce comportement, les sanctions ne sont pas assez dissuasives.

Certes, l’on ne peut nier que tenir le téléphone en main en situation de conduite est incontestablement dangereux. On estime d’ailleurs qu’un accident de la route sur 10 résulterait de cette pratique ; des mesures sont donc nécessaires. Mais pour « 40 millions d’automobilistes », le renforcement de la sanction n’est pas une solution : la Sécurité routière est à côté de la plaque, en panne d’idées ! Il ne faut pas punir davantage, mais sensibiliser et convaincre : un automobiliste conscient de la gravité et de la dangerosité de son comportement ne le reproduira plus. C’est pourquoi l’association préconise la mise en œuvre de stages de sensibilisation en alternative à la sanction, qui traiteraient de problématiques spécifiques en fonction de l’infraction commise par l’usager. Ces stages seraient dispensés par les centres agréés et pourraient prendre la forme d’une demi-journée de sensibilisation aux dangers spécifiques des comportements jugés les plus dangereux : alcool, stupéfiants, téléphone, refus de priorité…

Par ailleurs, il faut réaliser, d’une part, que 135 € représente déjà 1 huitième du salaire d’un smicard, et d’autre part, que les retraits de points conduisent à l’annulation du permis, mais que les automobilistes continuent malgré tout à conduire, parce qu’ils ne trouvent pas d’autre solution de transport adaptée à leurs besoins. Preuve en est : plus de 600 000 conducteurs parcourent les routes de France sans permis de conduire ! L’association « 40 millions d’automobilistes » s’oppose fermement à une telle mesure – dont l’aspect dissuasif n’est pas prouvé – et recommande que soient mis en place des stages de sensibilisation spécifiques en alternative à la sanction.