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Taxe sur l’essence : le Gouvernement rompt son engagement !

[Mise à jour à du 13/10/2020 à 13h45]

Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, a tranché : il n’y aura pas de changement portant sur la fiscalité de l’essence au Projet de Loi de Finances 2021. Un grand soulagement pour une grande partie des automobilistes !

[Article publié le 13/10/2020]

Lancé en 2010, le Sans Plomb 95-E10 est, depuis 2019, l’essence la plus consommée en France. En 10 ans, il est devenu le carburant préféré des automobilistes français, grâce notamment à des performances environnementales meilleures que les carburants traditionnels. Mais alors qu’il bénéficiait d’une fiscalité réduite par rapport aux autres carburants fossiles (eu égard à ces avantages écologiques), le Projet de Loi de Finances pour 2021 prévoit une augmentation de la TICPE (Taxe intérieure de Consommation des Produits énergétiques) sur cette essence contenant 10% d’agroéthanol.

Une mesure anti-écologique

Le Sans Plomb 95-E10 est une essence intégrant 10% d’agroéthanol, un biocarburant produit à partir de la fermentation de matières végétales comme des betteraves à sucre ou des céréales (le blé ou le maïs). Il s’agit donc d’un carburant plus vertueux que les essences traditionnelles. En 2010, l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie) estimait dans un rapport que les biocarburants affichaient « des réductions allant de 24 à 91% du niveau d’émissions de gaz à effet de serre ».

À ce titre, l’E10 était jusqu’alors légèrement moins taxé que les autres carburants. L’association « 40 millions d’automobilistes » ne comprend donc pas aujourd’hui le retournement de veste de l’État : on ne peut pas d’un côté prôner des modes de déplacements plus vertueux et moins polluants, et de l’autre retirer les quelques avantages fiscaux dont bénéficient les consommateurs de ce carburant plus propre.

Une mesure contraire aux engagements pris par le Gouvernement

Surtout que l’État s’était engagé, au lendemain de la crise sociale des Gilets jaunes qui était née de la flambée des prix à la pompe, à ne pas augmenter la fiscalité sur les carburants.

Certains nous rétorqueront qu’il s’agit d’une augmentation de « seulement » 1 centime par litre de carburant. Mais dans ce contexte économique particulière tendu, il ne suffit aussi que d’une goutte d’essence pour faire déborder le réservoir.

Augmenter la fiscalité de l’essence, c’est renchérir encore un peu plus le prix de la mobilité des Français. Et lorsque la demande en carburant repartira à la hausse d’ici un an, après l’épisode de crise sanitaire, nous serons en pleine campagne pour l’élection présidentielle… Ce centime de plus risque donc d’être l’étincelle qui ravivera l’incendie !

En outre, l’augmentation fiscale de 1 centime/litre de SP 95-E10 vendu devrait rapporter quelque 60 millions d’euros supplémentaires par an à l’État français dès 2022.