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Radar : 10 ans d’une politique de sécurité routière répressive !

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Ce dimanche 27 octobre 2013, la France fête le 10e anniversaire de la mise en place du premier radar automatique. À cette occasion, « 40 millions d’automobilistes » a souhaité revenir sur une politique de sécurité routière qui ne fait pas l’unanimité.
 
En 2002, la France déplore plus de 7600 tués sur les routes. Le président de la République, Jacques Chirac, fait alors de la sécurité routière l’un des « trois chantiers prioritaires » de son quinquennat. Le gouvernement mise sur l’implantation des nouveaux radars automatiques pour réduire de 50% le nombre de tués sur la route. Dans un premier temps, l’opinion publique est majoritairement favorable à l’implantation de ces radars automatiques : en 2004, 66% des Français se disent pour le contrôle-sanction automatisé.
 
Mais très vite, les radars deviennent un sujet de polémique. Avec leur rapide multiplication sur l’ensemble du territoire et l’apparition de radars de nouvelle génération, la répression routière s’intensifie considérablement. Les flashs crépitent et l’utilité des radars en termes de sécurité routière est remise en question. Les radars automatiques apparaissent de plus en plus comme une manne financière formidable pour l’État (représente 4, 2 milliards d’euros depuis 2003) et de moins en moins comme un outil servant à abaisser la mortalité. Progressivement, l’opinion publique s’est donc inversée : aujourd’hui, 80% des Français sont défavorables à la poursuite de cette politique de contrôle-sanction automatisé.
 
En 2011, on nous expliquait que 15000 vies avaient été épargnées en seulement 8 ans. Puis, en 2012, ce nombre « culminait » à 36000 pour atteindre aujourd’hui 11000 vies épargnées grâce à  l’implantation des radars. Sur quel calcul ces soi-disant experts de la sécurité routière se sont-ils donc basés pour que les chiffres varient de simple au triple en une poignée d’années ?
 
D’après la Sécurité routière, les radars automatiques auraient permis d’abaisser la vitesse moyenne de circulation des véhicules d’environ 10 km/h en 10 ans. Selon un théorème d’expert en sécurité routière distillé de manière récurrente vers l’opinion publique : si l’on diminue la vitesse moyenne d’1km/h, cela entraîne mathématiquement une baisse de 4% du nombre de tués sur les routes.
 
Or, si l’on s’intéresse de plus près aux chiffres de l’ONISR pour les années 2011 et 2012, on s’aperçoit que ce théorème ne s’applique pas ! En effet, en 2011, la vitesse moyenne était de 81,6 km/h et l’on comptait 3 963 tués sur nos routes, tandis qu’en 2012, la vitesse moyenne avait augmenté de 0,7 km/h et que le nombre de décès diminuait de 8%. Cette formule est datée. On pouvait peut-être l’appliquer il y a 40 ans, lorsque les véhicules ne disposaient pas de systèmes de sécurité aussi développés qu’aujourd’hui ou que l’ensemble du réseau routier était dans un état déplorable.
 
Mais les choses ont changé et il faut aussi faire évoluer notre façon de penser : on ne fait pas de la sécurité routière avec des formules mathématiques, mais avec du pragmatisme. Il serait temps de « changer de logiciel » en terme de sécurité routière.