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Le ministre de l’Intérieur s’oppose à la baisse des limitations de vitesse

Aujourd’hui, lundi 16 juin 2014, le Conseil national de Sécurité routière s’est réuni en séance plénière pour aborder la question de l’abaissement de la limitation de vitesse de 90 à 80 km/h sur le réseau routier secondaire français. Le CNSR doit voter pour déterminer si une expérimentation de cette mesure doit être préconisée, dans le but de réduire l’accidentalité routière. Mais ce matin, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a d’ores et déjà annoncé publiquement être opposé à une baisse généralisée des limitations de vitesse.
 
Depuis l’annonce d’une telle mesure par l’ancien ministre de l’Intérieur et actuel Premier ministre Manuel Valls en juillet dernier, l’association « 40 millions d’automobilistes » s’oppose fermement à l’abaissement généralisé des limitations de vitesse.
 
Tout d’abord, cette mesure ne trouve ni fondement, ni justification dans les études statistiques menées sur l’accidentalité routière en France : l’alcool demeure la première cause de mortalité sur les routes depuis 20 ans (29% en 2013 selon l’Observatoire national de Sécurité routière) et rien n’est fait pour enrayer ce fléau. Pour « 40 millions d’automobiliste », s’il y a une mesure à prendre pour réduire le nombre de tués sur les routes, c’est de s’attaquer à cette cause principale.

Contrairement à ce que prétendent les « experts » français de la Sécurité routière, la réduction de la vitesse ne permettra pas de « sauver des vies ». Pour preuve, des pays tels l’Angleterre et l’Allemagne autorisent des vitesses bien plus élevées que la France sur leurs routes secondaires (respectivement 97 et 100 km/h) et dénombrent pourtant bien moins d’accidents ! D’autres, tel le Danemark, expérimentent même – avec succès – une hausse de leurs limitations de vitesse de 80 à 90km/h. Les bons résultats de ces pays en termes de sécurité routière sont la démonstration que la formule des années 1980 sur laquelle se base nos « experts » pour soutenir la recommandation et selon laquelle « 1km/h de vitesse en moins, c’est 4% de tués en moins », n’a plus de sens aujourd’hui.

L’enquête menée à ce sujet par l’association « 40 millions d’automobilistes » est résumée dans le film La fin de la guerre contre les automobilistes : l’Angleterre, un autre modèle de sécurité routière, diffusé en mai dernier lors d’une conférence de presse soutenue par le député-maire de Villiers-sur-Marne, Jacques-Alain Benisti.
 
Ce matin, à la sortie de la réunion plénière du CNSR, le ministre de l’Intérieur s’est prononcé publiquement en défaveur d’une généralisation de la baisse, notamment en raison du rejet massif de cette mesure par l’opinion publique. S’il ne s’oppose pas à l’expérimentation d’une baisse des limitations de vitesse sous condition d’une étude au cas par cas des routes concernées, le ministre de l’Intérieur a ajouté qu’il souhaitait désormais rencontrer et travailler en concertation avec « 40 millions d’automobilistes », parce qu’il est parfaitement illégitime de chercher à imposer une mesure à laquelle s’opposent près de 90% des Français et que d’autres pistes existent pour réduire l’accidentalité routière.
 
 
C’est une grande victoire pour l’association et les 40 millions d’automobilistes qui sont conscients de l’enjeu de la sécurité sur la route, mais aussi du fait que l’on ne peut pas faire de la sécurité routière la seule dimension des transports.