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Code de la route : le taux de réussite s’écroule !

Depuis le 02 mai 2016, 1000 nouvelles questions sont soumises aux candidats au permis de conduire, dans le cadre de la réforme de l’épreuve du Code de la route. Des questions qui – malgré la volonté affirmée de la Délégation à la Sécurité et à la Circulation routières – sont pour certaines loin de participer à « l’amélioration de la formation des conducteurs novices ». L’association « 40 millions d’automobilistes » dénonce des questions aberrantes sans lien avec la sécurité des usagers et la création d’une commission de validation des nouvelles questions de l’épreuve du Code de la route.

 

Moins de 17% de réussite pour la nouvelle version du Code de la route

 
Depuis la mise en œuvre de la réforme de l’épreuve du Code de la route, et alors que les professionnels de la formation à la conduite demandaient le report de la mesure afin de mieux former les enseignants et mieux préparer les candidats, le taux de réussite à l’examen a chuté de 70% en moyenne à 16,7%. En réponse à cette débâcle, la Sécurité routière n’a trouvé d’autre solution que de retirer provisoirement les questions qui ont – d’après les statistiques – posées le plus de difficultés aux candidats, pour les réintroduire progressivement dans les mois à venir.
 
Plutôt que de créer une épreuve hybride qui perturbe aussi bien les formateurs que les élèves conducteurs, autant par la précipitation dans laquelle a été imposée la réforme que par la nature de certaines de ces nouvelles questions qui en laisse d’aucuns perplexes, le bon sens aurait été de consulter les professionnels du secteur et d’anticiper l’entrée en vigueur de la réforme. Ainsi, on ne se retrouverait pas aujourd’hui avec des dizaines de milliers de candidats contraints d’attendre que des places soient disponibles pour repasser l’épreuve, faute d’avoir été préparés dans les temps.
 

Des questions aberrantes et sans lien avec la sécurité routière

 
Les nouvelles questions de l’épreuve du Code de la route portent sur des thèmes liés à la mécanique, à l’environnement, voire même aux transports en commun, soit des sujets qui ont peu en commun avec les préoccupations de sécurité des automobilistes.
 
Pour preuve, voici quelques exemples de questions posées dans les nouvelles séries du Code de la route, qui ont été communiquées à « 40 millions d’automobilistes » :
 
Lorsque j’ouvre la portière de ma voiture, j’utilise :
A- Ma main gauche
B- Ma main droite
 
Lorsque j’utilise les transports en commun, je suis :
A- Éco-citoyen
B- Éco-mobile
C- Éco-responsable

Certaines auto-écoles regrettent aujourd’hui le manque d’anticipation de la réforme : « La majorité des candidats que l’on a présenté à la nouvelle épreuve du Code ont échoué, parce que la Sécurité routière nous a informés trop tard de la mise en place de la réforme. Aujourd’hui, ces candidats malheureux nous reprochent de ne pas les avoir correctement préparés à l’épreuve et il nous est difficile de nous justifier auprès d’eux » explique Yohann BERTHE, gérant d’une auto-école, qui affichait un taux de réussite moyen proche de 98% avant la réforme.
 

La création d’une commission de validation des questions pour mieux encadrer la réforme

 
Cette réforme naissait pourtant de l’intention louable d’améliorer la formation des jeunes candidats au permis de conduire, pour réduire l’accidentalité routière dont ils sont encore trop souvent victimes. Mais certaines nouvelles questions sont aberrantes et cela pose un vrai problème de compréhension et, à terme, d’accession au permis de conduire. D’où la nécessité de mettre en place une commission qui se pencherait sur la pertinence des nouvelles questions proposées dans l’amélioration de la sécurité des usagers.
 
C’est pourquoi l’association « 40 millions d’automobilistes » demande, en tant que représentant et défenseur de l’intérêt général des automobilistes, la création d’une commission de validation en charge de définir les questions qui figureront à l’avenir au programme de l’épreuve du Code de la route.