Flash Actu

30 % de la capitale à 30 km/h ?

Aujourd’hui, mardi 26 mai 2015, le Conseil de Paris se réunit. Christophe NAJDOVSKI, adjoint EELV chargé des transports à la mairie de Paris, envisage à cette occasion de faire voter de nouvelles restrictions à l’encontre des automobilistes et des usagers de véhicules motorisés. Sous prétexte « d’apaiser la circulation » et « de lutter contre la pollution » dans la capitale, l’élu écologiste souhaite abaisser la limitation de vitesse de 50 à 30 km/h sur plus de 30% du territoire parisien d’ici la fin de l’année 2015. L’association « 40 millions d’automobilistes » dénonce une mesure injuste et inefficace.

 
Le dernier Conseil de Paris s’était réuni en février 2015. Lors des débats, la maire de Paris, Anne HIDALGO, avait exposé les grandes lignes de son « plan anti-pollution » : il était d’ores et déjà question de réduire significativement le droit des automobilistes à circuler dans la capitale. En janvier, la Mairie de Paris nous annonçait une augmentation démesurée des tarifs de stationnement ; en février, c’était l’interdiction pure et simple de tous les véhicules à motorisation thermique (soit 97% du parc automobile français) à l’horizon 2020 et aujourd’hui, on veut limiter la vitesse des véhicules motorisés à celle des vélos ! C’est une aberration, un véritable coup de frein à la mobilité et à la liberté de déplacement des Parisiens et des habitants de la banlieue parisienne, qui viennent chaque jour travailler dans la capitale.
 
Actuellement, 1/5 du territoire de la ville de Paris est concerné par une mesure de limitation de vitesse à 30 km/h (zone 30) ou 20 km/h (zone de rencontre). Ces dispositions particulières sont censées réduire les nuisances sonores et les émissions polluantes des véhicules ; Christophe NAJDOVSKI envisage de porter cette proportion à 30% des rues parisiennes. Mais pour « 40 millions d’automobilistes », la multiplication des mesures de restriction n’est qu’un prétexte pour sortir la voiture de Paris et n’aura aucun effet bénéfique sur la qualité de vie des Parisiens. Généraliser des vitesses si basses est un non-sens : l’abaissement de la limitation de vitesse n’est comprise et admise par les usagers que lorsqu’elle est ponctuelle et répond à un enjeu précis, en particulier en termes de sécurité (la proximité d’une école, d’une zone piétonne…). Si ces zones sont étendues sans raison apparente, elles ne seront plus respectées, ce qui pourrait occasionner plus d’accidents.
 
Relativement aux émissions sonores, une étude menée par l’ADEME (février 2014) a révélé qu’entre 45 et 20 km/h, une diminution de la vitesse provoque une augmentation des émissions sonores, car le bruit du moteur est prépondérant.
 
Quant à dire que cela améliorera la qualité de l’air… Les mesures montrent au contraire que les émissions de particules et de gaz polluants sont plus importantes lorsque l’on passe de 50 à 30 km/h !
 
Au lieu de s’en prendre systématiquement aux automobilistes, on ne peut que suggérer à M.NAJDOVSKI de s’intéresser à la qualité de l’air dans le métro, qui ne concerne pas moins de 4,1 millions de voyageurs par jour. Avec des concentrations de particules fines 15 fois supérieures dans le métro que sur le périphérique parisien, Christophe NAJDOVSKI, qui est aussi Vice-Président du STIF, devrait mettre son énergie au service de la santé des usagers des transports en commun… À moins que combattre la voiture ne réponde qu’à un intérêt électoral pour lui !