1. La position de "40 millions d'automobilistes"
Un nouveau radar fait son apparition sous le nom de radar « tronçon ».
Il enregistre la vitesse moyenne de circulation d’un véhicule entre deux points. En test depuis 2003 sur l’autoroute A10, dans le sens Paris Province au nord d’Orléans, ce système composé de trois caméras calcule la vitesse moyenne des automobilistes sur une distance de 12 kilomètres. Il est actuellement non répressif et a un objectif pédagogique.
Répondant à une question écrite du 20 octobre 2009 du député UMP du Val d’Oise, Monsieur Georges Mothron en faveur de ce système, le Ministère des transports a confirmé dans sa réponse publiée au Journal Officiel le mercredi 19 janvier 2010 qu’un « dispositif a été mis au point… et qu’un marché devrait être lancé au second semestre 2010 pour le déploiement de ce type d’équipement » pour « lutter contre l’insécurité et l’incivilité ». Il n’est pas précisé si ce système restera non répressif ou pas. Pour télécharger la question et la réponse, cliquer ici
Concernant la technologie :
« 40 millions d'automobilistes » n’est pas opposé à cette forme de contrôle qui correspond plus à l’esprit du code de la route que l’usage, souvent abusif, fait des radars classiques pour piéger les automobilistes. En effet, ce nouveau type de radar contrôle seulement la vitesse moyenne ce qui ne pénalise pas les dépassements ponctuels pour, par exemple, doubler un camion avant de reprendre le flux de circulation de façon sereine et raisonnable. C’est une mesure qui peut être comprise et acceptée par le plus grand nombre aujourd’hui.
De plus, la façon dont ce système est actuellement utilisé, c’est à dire de façon préventive et non répressive, en fait un outil pédagogique intéressant qui permet aux conducteurs de pouvoir prendre conscience de leur vitesse moyenne.
Concernant la mise en œuvre :
Toutefois l’association reste très dubitative sur la réduction du nombre des victimes de la route. D’ailleurs les défenseurs de l’idée le reconnaissent eux même en déclarant dans les médias que « cela ne permettra certainement que de ne gratter que quelques vies… ».
En effet, ce système est avant tout destiné aux tronçons autoroutiers qui représentent moins de 5% des tués et pour lesquels les problèmes majeurs sont la somnolence au volant et le non respect des distances de sécurité.
De même, sur le plan juridique, la commission juridique de « 40 millions d'automobilistes » relève les problèmes de droit suivants :
- Dans l’hypothèse d’un changement de conducteur entre les 2 points, il est impossible d’établir une quelconque responsabilité en ce qui concerne l’auteur de l’infraction (précisons toutefois que le dispositif ne devrait être mis en place que dans des zones ne permettant pas l’arrêt d’un véhicule ; cependant la remarque est à prendre en compte dans l’hypothèse d’une généralisation du système à une échelle plus importante).
Conclusion :
On reste dans la pensée unique basée sur le couple « vitesse / radars » qui est sensé ramener le nombre des tués sous le seuil des 3000 en 2012.
Si nous nous associons à cet objectif, nous constatons que nous n’en prenons pas le chemin parce que le problème ne se situe pas sur les autoroutes mais sur les routes départementales qui sont intrinsèquement dangereuses et sur le comportement des usagers de la route.
Aujourd’hui, on agit en aveugle. On multiplie les radars comme les agriculteurs répandent des pesticides pour tuer les mauvaises herbes.
Ce qu’il faut, c’est cibler les problèmes et les populations de conducteurs. Or les études actuelles se limitent à étudier d’une part les victimes et, d’autre part, les auteurs d’infractions. Enfermée dans ses certitudes, l’école de pensée dominante ne relève même pas le fait qu’il n’y a pas de corrélation entre les deux.
Par contre, elle ne sait rien sur la typologie des accidents causés par l’alcoolisme, par les jeunes, par les personnes d’âge mûr, par les personnes âgées, par les 2 Roues, par les camions, etc…
Il en est de même pour la typologie des accidents en milieu urbain, sur les routes ou sur les autoroutes.
C’est dans le domaine de la connaissance objective de l’accidentologie qu’il faut investir.
Mais, pour cela, il ne faut pas baser les analyses sur les postulats : « tous coupables », « toutes les infractions sont dangereuses ».
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